Quand une chaîne de télévision commande une nouvelle identité animée, elle ne demande pas seulement un générique. Elle demande un langage visuel complet qui devra être décliné sur des centaines de contextes différents — bumpers, jingles, barres de titre, écrans de pause publicitaire, habillage de soirée spéciale — et rester reconnaissable et cohérent dans tous les cas.
La contrainte de la scalabilité
Orbis nous a commandé une identité complète comprenant un générique principal de 30 secondes, 8 bumpers de 3 à 5 secondes, 4 formats de barres de titre et un écran de fin neutre. Au total, 27 éléments distincts qui devaient tous parler le même langage visuel.
Notre première décision a été de construire un système graphique avant de créer la moindre animation. Ce système définissait les règles : la géométrie de base (un octaèdre décomposé), la palette de couleurs (trois teintes), les règles de mouvement (éasing spécifique, pas de linear) et la typographie animée.
Le motif géométrique comme colonne vertébrale
Nous avons choisi de construire l'identité d'Orbis autour d'une forme géométrique 3D — l'octaèdre — qui peut se décomposer, se fragmenter et se recomposer. Ce motif est déclinable à l'infini : il peut apparaître en plein écran comme signe iconique, ou se réduire à quelques facettes translucides pour habiller discrètement une barre de titre sans dominer le contenu.
"Un système d'identité animée réussi, c'est quand vos équipes de production peuvent créer de nouveaux formats sans votre aide tout en restant fidèles à l'identité." — Directeur artistique, Swordfish Edition
Documentation : le motion style guide
À la livraison, nous avons remis un motion style guide de 48 pages qui documente précisément chaque règle du système : les durées d'animation autorisées pour chaque format, les courbes d'easing, les distances de sécurité, les règles d'utilisation des couleurs et les templates prêts à l'emploi sous After Effects et Cinema 4D. Ce document est aussi important que les fichiers de production eux-mêmes.
Le workflow Cinema 4D + After Effects
L'identité 3D a été construite dans Cinema 4D avec des rendus Redshift, puis le compositing et la typographie animée ont été réalisés dans After Effects via le plugin Cineware qui garantit une intégration fluide entre les deux environnements. Cette approche nous a permis de garder la flexibilité nécessaire pour les révisions tardives du client sans reprendre tout le pipeline 3D.
Orbis a été livré à temps et dans le budget. La direction artistique de la chaîne a pu prendre en main les templates After Effects dès le premier jour et créer de nouvelles déclinaisons de manière autonome — ce qui était précisément l'objectif.